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5 déc. 2022

Méthode Bernadette de Gasquet : douleurs articulaires



 

Les piliers de la méditation tibétaine

 


Les piliers de la méditation tibétaine

Pour permettre aux pratiquants d’arriver à la pleine conscience, cette pratique repose sur 3 axes fondamentaux :

  • la pacification de l’esprit ou samatha (Chiné) ;
  • la vision supérieure ou la reconnaissance des qualités de l’esprit ou vipassana (Lhaktong) ;
  • l’apprentissage de la compassion (Tonglen).

Le Chiné (chi : dans la paix, né : l’esprit demeure)

Aussi appelé samatha en sanskrit, il vise à calmer le mental et à parvenir à la relaxation du corps. Pour cela, il est impératif de développer sa capacité à stabiliser l’esprit dans le calme. C’est la première étape dans la méditation tibétaine. On le nomme samadhi de Chiné en tibétain et est traduit généralement par la pacification de l’esprit, l’absorption méditative ou encore la contemplation.

Quoi qu’il en soit, le Chiné permet de se libérer de toutes formes de perturbations. Dans la pratique, il s’agit d’un travail préparatoire permettant de discipliner l’esprit. Et ceci, en vue d’effectuer la méditation de manière plus authentique, autrement dit le vipassana. Pour ce faire, le Chiné inclut :

  • le ānāpānasati ou l’attention portée sur le souffle ;
  • le mettā bhāvanā ou le développement de la bienveillance ;
  • le dhyāna ou le développement de la concentration.

La méditation tibétaine suppose que la personne se place dans un premier temps dans la position du lotus. Il s’agit d’une posture de hatha yoga et d’une position exécutée dans la méditation bouddhique. Ici, le pratiquant croise ses jambes, repose ses mains sur les genoux en touchant le sol et garde la tête dans l’alignement de la colonne. Puis dans un second temps, ce dernier place son esprit dans un état de vigilance sans qu’il y ait la moindre distraction.

31 déc. 2021

Les 6 paramitas ou bienfaits qui mènent à l’éveil

Ces six paramitas se fondent sur un constat très simple, évoqué par le Dalaï-lama de la façon suivante : « touts les vivants sont nos semblables, tout système vivant à naturellement une capacité et une propension à se maintenir, particulièrement l’humain dont la motivation est le bien-être. 
Ce qui est bon pour nous l’est donc pour les autres, et inversement. » Il y a là une intelligence très profonde. 
C’est ainsi que le Kundun dit quelquefois « Soyez égoïstes si vous le voulez, mais soyez-le intelligemment, c’est-à-dire en étant altruistes. » 
C’est en accomplissant ce qui est bon pour les autres que nous nous faisons du bien à nous-mêmes…


Les six paramitas sont les six vertus essentielles de toutes les pratiques du Mahayana. Paramita est un mot sanskrit qui signifie Perfection, entendu comme ce qui va au-delà de la dualité. Ce sont les qualités de l’expérience éveillée qui, lorsqu’elles sont mises en pratique, mènent à l’Eveil.

Ces six perfections suivent un ordre qui est celui d’une certaine progression logique, d’une gradation.

1 – la Générosité : la pratique commence par le don et l’aptitude au don. Plutôt que de garder égoïstement, il s’agit simplement d’accepter de donner quelque chose, de partager. C’est le premier pas dans le dépassement d’une attitude égotique

2 – la Discipline : elle peut être intérieure ou extérieure. Intérieurement, on la pratique avec la méditation de Tonglen – prendre en soi la souffrance des autres et donner de la lumière-. Extérieurement, on fait la même chose mais cette fois en situation pratique.

Don et discipline sont la base de la pratique et le dépassement de nos attitudes égo-centrées.

3 – la Patience : non dans le sens d’endurer, de supporter ce qui est pesant, en se durcissant, se blindant pour tenir le coup. La patience ici est d’adopter une attitude flexible, fluide, transparente de façon à ce que les situations coulent sans heurts.

4 – l’Energie : adopter une attitude dynamique et enthousiaste. L’énergie est indispensable si l’on comprend la valeur profonde et le sens de notre engagement. Même si c’est parfois difficile. Dans la pratique du Dharma, on ne peut pas progresser sans énergie, cette force intérieure, sans laquelle aucune transformation ne peut se réaliser.

5 – la Méditation : pour pratiquer la méditation, il faut donner de son temps. Il n’y a ni contrainte, ni effort volontariste, simplement revenir à la présence

6 – la Compréhension : c’est l’expérience directe, immédiate de l’esprit et de la réalité. C’est la réalisation de cette intelligence profonde qui fait que toutes les autres vertus sont accomplies à la perfection, libres d’un objet, d’un sujet ou d’un acte. Le 6è paramita est l’accomplissement des 5 précédents et, appliqués dans les situations quotidiennes, ils deviennent des perfections. C’est l’expérience d’immédiateté non intentionnelle, la non-dualité.

23 août 2021

Virus, vaccins… Terrain ? - Jean Yves Leloup, Août 2021

 

Virus, vaccins… Terrain ? 
Bien qu’on m’y invite, je n’entrerai pas dans ces querelles de marcassins déjantés et de cyborgs bien coiffés.

Je ne dirai jamais ce qu’il faut penser, je dirai toujours qu’il faut penser.

Je ne dirai pas qu’il faut se faire vacciner ou qu’il ne faut pas se faire vacciner ; je dirai qu’il faut être conscient et conscient de sa conscience, car le terrain c’est la conscience et c’est souvent le terrain qui crée la maladie.

Selon l’état de conscience dans lequel nous sommes, le placebo peut devenir un vrai remède, le vrai remède peut devenir un pur poison.

Tuer un moustique ne transforme pas un marécage ; assainir ou transformer le marécage nous délivrerait mieux de tous les moustiques.

On le sait : « tuer un virus donne naissance à un autre et pour chaque variant il faudra un nouveau vaccin… »

Combien faudra-t-il tuer de moustiques avant de penser à changer l’eau du marécage ? Ce n’est pas le moustique qui fait le marécage, c’est le marécage qui fait le moustique.

L’eau de notre corps est sensible à nos pensées, cela a été suffisamment montré (cf. : Masaru Emoto).

De nouveau, le terrain c’est la conscience ; transformer notre conscience a des incidences évidentes sur l’eau qui nous constitue.

Y-a-t-il une autre voie pour assainir nos marécages ?

A notre liberté de conscience, pourquoi préférons-nous la soumission ou la démission de conscience ? Pourquoi préférons-nous tous ces petits inquisiteurs qui nous disent ce qu’il faut penser ou ne pas penser, ce qu’il faut faire ou ne pas faire ?

Tous ces « bienveillants » qui veulent notre bonheur en nous dispensant de notre liberté.
« Du fardeau de notre liberté » disait Dostoïevski.
Est-ce vraiment un fardeau ? N’est-ce pas plutôt un exercice ? Un exercice d’approfondissement de notre conscience ?

Découvrir en nous, un espace qui n’est pas piqué par les moustiques, rongé par les virus, altéré par les vaccins ; un silence, une liberté, qui ne se laisse détruire ni par les mots, ni par les ordres, ni par les idées, ni par les émotions… Un peu de calme dans la cité, une oasis dans le cœur, sensible à la beauté du ciel et à la souffrance des hommes.
Un je ne sais quoi de pure conscience ou de pure présence, qui ne rajoute pas du bruit au bruit, de la douleur à la douleur.

Une conscience ou un amour, calmes et silencieux, est-ce de ce côté-là qu’il faut chercher une issue ?
Et un réseau (cf. : https://intercontinentale-des-consciences.eu), qui nous rappelle que nous ne sommes pas seuls à tenter cet exercice, qui préservera notre immunité et éclairera nos choix et nos décisions…


 
- Jean Yves Leloup, Août 2021

17 mai 2021

YOGAS SUTRAS de Patanjali

 

YOGAS SUTRAS de Patanjali

éd Albin Michel – collection Spiritualités vivantes – traduction Françoise Mazet


En 195 aphorismes, les Y.S. De Patanjali codifient l'enseignement d'une pratique traditionnelle plusieures fois millénaire.

C'est l'esprit même du Yoga qui se trouve ici décrit, résumé en une série de remarques lapidaires et lumineuses.

Vrai traité de connaissance de soi, cet ouvrage est l'un des textes majeurs de l'humanité. Son message, transcendant les siècles, se révèle bien plus que moderne : essentiel.


Introduction

Cette lecture ne peut se faire qu'à la lumière de la pratique, celle-ci éclairant celle-là, et vice versa.


Il est difficile de situer très exactement le Y.S., mais, que Patanjali ai existé en tant que personne, ou qu'il représente un courant de pensée, que ce soit deux siècles avant notre ère ou quatre siècles après, l'enseignement des Sutras codifient une pratique traditionnelle d'une très grande importance.

Le mot Sutra, en sanscrit, désigne le fil du collier et, par extension, le fil conducteur d'un raisonnement, d'un exposé. Il évoque aussi les perles du collier, et désigne les 195 aphorismes qui constituent le traité.

Pour nous occidentaux, le message des Sutras me paraît résider dans la relation avec les autres, qui passe par la relation avec soi

-même.

L'immense richesse de ce texte est utilisable au quotidien dans notre vie phisique et psychique, personnelle et relationnelle.

Avec un souci du détail permanent, Patanjali explore l'univers psychomental et nous donne un moyen simple, concret, merveilleusement efficace pour devenir plus conscients, plus vigilants, plus aptes à vivre chaque instant dans sa plénitude.


SAMADHI PADA premier chapitre : nous indique la direction :

la finalité du Yoga c'est le Samadhi, cet état déconditionné, dans lequel, enfin libres des automatismes de comportement et de pensée, on peut faire un avec la vie, en acceptant que tout change et se modifie.


    1. Yogash chitta vritti nirodhah :

      « le Yoga est l'arrêt de l'activité automatique du mental »


commentaire de Françoise Mazet


Patanjali nous donne un moyen : arrêter l'agitation automatique du mental. Il nous dit d'entrée de jeu quelle est l'extraordinaire conséquence de cet acte apparemment si simple. En nous libérant des automatismes, le Yoga nous révèle notre capacité d'être.

Cette conscience profonde que Patanjali appelle Drashtar, celui qui voit, c'est le Témoin immobile, permanent, qui nous fait participer à l'énergie cosmique, audelà de notre incarnation matérielle.


Qu'on le nomme Drashtar, l'Atman, le Soi, le Centre, c'est une richesse commune à tous les hommes, source d'amour, de vie, de créativité, que, pour la plupart, nous cherchons à l'extérieur, alors qu'elle est en nous.


16 mars 2021

Jean Yves Leloup, Mars 2021

« J’ai entrevu quelquefois un état de l’âme supérieur à la vie, pour qui la gloire ne serait rien, et le bonheur même, inutile » (Flaubert) 

 Nous sommes nés pour vivre dans un tel état, fragment d’une réalité partout présente, mais qui pourtant nous échappe. Est-ce par manque d’attention ? 
Ce n’est pas la lumière qui nous manque mais les yeux pour la voir. 
Ce n’est pas l’Être qui nous manque mais l’attention à ce qui est. 
 Peut-on dire la même chose de l’amour ? 
L’amour est partout et toujours là, mais l’attention, l’écoute, l’accueil n’y sont pas partout et toujours. Heureusement, il y a des événements, des rencontres, où après les avoir vécus on ne parle plus la même langue. 
On ne parle plus en prose ou en colère, mais en poésie et en douceur, celle-ci cesse de nous être une langue étrangère. 
Toi, mon unique, l’Un. Je demandais partout un signe de Toi. 
Je ne savais pas que partout était Toi. Je voulais voir ton visage. 
Je ne savais pas que tu étais tous les visages, et l’unique regard, la grande nuit ou la pure lumière qui trouait les yeux de chacun de ces visages. 

 « Je ne savais pas que tout le visible et tout l’invisible c’était toi. Dans les corps, dans les âmes et les esprits c’est Toi, toujours. Dans ce monde je demandais un signe de Toi. Ensuite, j’ai appris que ce monde entier était Toi » (Rûmî). 

 - Jean Yves Leloup, Mars 2021

2 mars 2021

Jean-Yves LELOUP Avant la nuit…

Avant la nuit… 

« La nuit nous fait connaître l’unité : elle rassemble et confond les êtres que le jour délimite et sépare. 
 La lumière comme un soupçon de jalousie, s’insinue à travers les choses et nous les fait croire étrangères l’une à l’autre. 
 Mais lorsque la nuit est tombée, elles ne sont plus qu’une, comme des passagers sur une barque en péril » (Jean Grenier) 

 Faut-il attendre la nuit et que la barque s’effondre, pour découvrir notre unité, la plus haute, la plus heureuse, qui n’est pas celle de nos cendres, mais de la sève qui respire dans toutes nos branches ? 

 Et encore, à quoi bon toutes ces guerres et ces maladies, si elles ne nous révèlent pas le miracle d’être vivant et d’être ensemble ? La grâce d’être ? 
 Qu’est-ce que la vérité, si ce n’est une dualité surmontée et qu’est-ce que l’amour, si ce n’est la haine et la peur surmontées ? 
 Se tenir la tête hors de l’eau et le cœur légèrement au dessus de soi-même ? 

 - Jean Yves Leloup, Février 2021 

Vous souhaitez découvrir ou revisiter les graines de conscience proposées par Jean-Yves Leloup pour nous aider à traverser la période actuelle ? Nouveau parcours : Du chaos au cosmos, Les 12 pierres de l'Apocalypse, fondements d'un monde nouveau Anamnèse essentielle : une révolution intérieure Célébrer la Vie : En chemin avec Jean-Yves Leloup La conscience exercée ou méditer : un art de vivre et d'aimer par temps de catastrophes Les Odyssées de la Conscience 26 Avenue Gérard Montus Carry-le-Rouet 13620

25 févr. 2021

Marc Froideval : Méditation et hatha yoga

 Marc Froideval : Méditation et hatha yoga


22 Jan 2011

(Revue Être Libre. No 295. Avril-Juin 1983)

« Je fais de la méditation », « j’ai médité », « j’aimerais méditer »… Petites phrases mille fois entendues. Faut-il s’en moquer ? Sont-elles critiquables dans la bouche des uns ou des autres, alors que des systèmes bien organisés, dits de « méditation », semblent vouloir les revendiquer très clairement ? Mais ne s’agit-il pas là d’un moyen habile pour faire se lever quelques questions fondamentales telles que celles-ci : La méditation est-elle une action ? S’inscrit-elle dans le temps ? Peut-elle être provoquée, voulue, désirée ?

Et qui est ce « Je » qui prétend méditer, qui voudrait se projeter dans la méditation et qui arrive à la situer dans son petit catalogue des évènements spatio-temporels auxquels il a conscience de participer ?

« Je », c’est certain, se sent limité, contraint, menacé. « Je » est né. « Il » va mourir. « Je » frissonne, « Il a peur », « se » sent angoissé. Et pourtant, tout au-dessus de cette mêlée, de ce bourbier, il semble exister des zones du mental moins comprimées, plus libres, plus spacieuses, moins soumises que d’autres aux emprises de la vie matérielle, sociale et psycho-illogique. « Je » est capable de sourire, de chanter, de danser ! Mais cela ne dure pas. « Je » c’est certain est incertain. Ce qui est stable en lui, c’est l’instabilité. Alors, il se tourne vers ce qui pourra lui donner une certitude, une stabilité, une assise. La religion, puis la science, lui ont apporté cette stabilité. Mais aujourd’hui, science et religion sont bien mouvantes ou éprouvées. Alors des mots sont là, Yoga, méditation, Zen. Et « Je » se tient en face d’eux, dans l’expectative, que couvrent-ils ? Ils semblent vouloir répondre à ce vieux rêve humain : depuis qu’il est homme, l’homme n’a jamais accepté ses limites, les limites de son action, et surtout les limites de la pensée. Aucun homme au monde n’a pour but d’être demain plus inconscient qu’aujourd’hui.

Ouvrir, élargir sans cesse le champ de la conscience, telle semble être la destinée de l’être humain. Mais comment ?

En accumulant les expériences, en additionnant les lambeaux de connaissance : c’est là la voie matérialiste, le domaine de l’avoir.

Ou encore en ne faisant rien, en se contentant d’être, tout simplement, tout souplement : c’est là la voie méditative, voie directe, immédiate et sans acquis, la voie de la dénudation et du dénuement qu’exprime le mot sanscrit Dhyana et ses traductions chinoise (CH’AN et japonaise ZEN).

A la limite, Dhyana c’est « être », être soi, soi-même, c’est-à-dire dans un état d’identification totale avec ce que l’on est, profondément, intrinsèquement, fondamentalement. Fondamental, fond-amental…

Mais n’y a-t-il vraiment rien à faire pour atteindre cet état de non-faire qui, soi-disant, ne peut être atteint puisqu’il est toujours au cœur de nous-mêmes ? Et n’est-ce pas frustrant pour nous, Bébé-Yogis, si pleins de bonne volonté, sinon d’ambition, et tout entourés de piles de livres nous expliquant comment faire pour ne rien faire, de s’entendre dire que tout cela est inutile ? Inutile vraiment, les 6 membres de l’Ashtanga-Yoga de Patanjali, Yama, Niyama, Asana, Pranayama, prathyara, Dharana, qui précèdent les 7ème et 8ème, Dhyana et Samadhi ? Inutile toutes ces postures à quoi se résument souvent pour l’occidental ce que les Indiens appellent Hatha-Yoga ?

Certains Yogis, (et qui ne sont plus des bébés); pratiquent des postures diverses, très nombreuses ou peu nombreuses, d’autres, une seule posture, la posture popularisée par le Bouddha et que le Zen japonais a adoptée en la codifiant très précisément, d’autres encore, aucune posture physique, mais plutôt une attitude mentale comme dans le C’han, comme Krishnamurti (encore que Krishnamurti pratique certaines postures pour des raisons hygiéniques et thérapeutiques) et comme les pratiquants du Jnana-Yoga indien. Mais où est la différence ? Chacun ne se lève-t-il pas, ne s’endort-il pas ? Et pourquoi personnellement pratiqué-je des postures ?

Parce que mon corps a pris l’habitude de toujours faire les mêmes gestes. Mon corps a oublié tous les angles sous lesquels il peut bouger. Mon corps a oublié ses multiples possibilités. Elargir et varier les Champs d’action du corps. Elever le corps à son propre niveau, sans plus. Actualiser simplement ce qui, jusqu’alors n’était encore que potentiel. Simplement vivre en triangle, vivre en équilibre sur la tête, vivre en torsion intense, vivre en étirement intense ou en assise paisible. Tout cela fait partie du possible. Tout cela est égal. Tout cela n’a pas plus de valeur, ni moins de valeur que n’importe quel geste de la vie quotidienne, que la respiration du moment, qui est la seule qui compte puisqu’elle est l’indispensable maillon dont les autres ne sauraient se passer. Et c’est d’ailleurs pour cela que la prise de conscience de la respiration joue un si grand rôle dans nos activités.

Alors donc, dans les postures, à l’écoute du souffle profond, immédiat du réseau serré des habitudes, du corset imaginaire dans lequel il est engoncé. « Mon » corps n’est pas, n’est plus, ce que je croyais qu’il était. « Mes » idées sur le corps, « Mon » idée du corps, tombant, l’une après l’autre. Alors, les autres plans du mental (car ce que nous appelons le corps n’est peut-être après tout, qu’un des plans du mental), peuvent se laisser toucher par le pré-sentiment d’une mutation possible et soudaine qui est méditation : de l’infiniment proche, de l’infiniment intime jaillit l’état méditatif, l’état d’Etre. Joyeux instant, éternel instant, toujours renouvelable. L’Ego a disparu ! Ne pleurons pas l’égo. Tout commence à l’instant même.

22 janv. 2021

poème d’une poète allemande : Elli Michler

« Je ne te souhaite pas tous les cadeaux possibles, 
 Je te souhaite seulement ce que la plupart n’ont pas,  
Je te souhaite du temps pour te réjouir et rire 
 Je te souhaite du temps pour agir et pour penser 
 Pas seulement pour toi, mais aussi pour l’offrir aux autres 
 Je te souhaite du temps pour ne pas te presser ni courir, 
Du temps pour être content 
 Je te souhaite du temps pas seulement pour le passer 
 Je te souhaite du temps pour qu’il t’en reste 
Du temps pour t’émerveiller et du temps pour te fier, 
 Et pas seulement pour le regarder sur l’horloge 
 Je te souhaite du temps pour frôler les étoiles 
 Et du temps pour grandir et mûrir 
Je te souhaite du temps pour espérer à nouveau et pour aimer 
 Différer ne sert à rien Je te souhaite du temps pour te retrouver, 
 Pour vivre chaque jour, chaque heure comme un don. 
 Je te souhaite du temps pour pardonner aussi. 
Je te souhaite d’avoir du temps, 
 Du temps pour la vie »

6 janv. 2021

"Si nous restions calmes." Jean-Yves Leloup

Si nous restions calmes. Nous ne faisons qu'un avec la vie : «Si nous restions calmes, nous nous distinguerions à peine, par un mimétisme heureux, de ce qui nous entoure». Plus encore que par un mimétisme qui suppose la séparation du reflet et de sa chose, si nous étions vraiment calmes et silencieux, dans tous nos sens, nos affects et nos pensées, nous découvririons que nous n'avons jamais été séparés, que cela est impossible. On l'a déjà dit : « tout est interdépendant et interrelation », ce n'est ni mystique, ni poésie, c’est science dure, pure physique. Que serions-nous sans la terre, sans le soleil, sans l'eau et sans tous les êtres dont la généalogie est inscrite en toutes nos cellules. Pourquoi avons-nous peur de l'autre, du différent ? C'est un visage de nous-mêmes qui n'est pas aimé, c'est un de nos membres que nous tentons d'arracher. On n’est le meurtrier que de soi-même, de la Vie qui coule et respire aussi bien dans l'autre, que dans notre propre sang, notre propre souffle. Rilke a des mots admirables pour dire que nous ne nous sentons menacés et agressés que parce que nous n'arrivons pas à aimer : « Comment oublier ces mythes antiques que l’on trouve au début de l’histoire de tous les peuples; les mythes de ces dragons qui à la minute suprême se changent en princesses; tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours, qui attendent que nous les secourions. » On nous annonce beaucoup de dragons pour cette nouvelle année. Réjouissons-nous, nous ne manquerons pas de princes et de princesses. - Jean Yves Leloup, Janvier 2021 Jean-Yves Leloup, ex-dominicain, prêtre orthodoxe Pèlerin éternel des sentiers de la foi

4 déc. 2020

Intelligence du cœur Christian Bobin

 « Il n’existe pas d’intelligence artificielle. La racine de l’intelligence, son centre invisible à partir de quoi tout rayonne, c’est l’amour. On n’a jamais vu et on ne verra jamais d’amour artificiel. »

Christian Bobin

27 juil. 2020

les Yoga-sutra de Patanjali

les Yoga-sutra de Patanjali 
   

Texte fondateur, les Yoga-sutra de Patanjali décrivent le but du Yoga et la méthode pour l'atteindre. Ils enseignent les différents aspects de la pratique ainsi que les obstacles que l'on peut rencontrer et les moyens de les résoudre.
Il en existe de nombreuses traductions, ainsi que de nombreux commentaires en sanscrit.
"La souffrance à venir peut et doit être évitée." Y.S. de Patanjali
Aperçu de la méthode
Afin que l'esprit, tel un cristal, ne soit plus troublé par le défilement des pensées et des émotions, et qu'il puisse refléter le réel sans perturbations, la méthode enseigne des règles de comportements à observer au quotidien ainsi que des exercices à pratiquer sous la conduite d'un enseignant.
Les progrès dans l'application des règles de comportements - plus faciles à énoncer qu'à appliquer -, auront leurs correspondances dans la pratique. De même que les progrès dans la pratique aideront à améliorer nos comportements. Celà peut prendre plusieurs vies !
Ceci n'est qu'un bref résumé et certaines traductions peuvent être erronées.

LES HUIT ETAPES DU YOGA:
Les 5 Yama : 
Les 5 Niyama : 
Asana : les postures, 
Prânâyâma : les exercices de respiration, 
Pratyâhâra : le retrait des sens des expériences du monde, 
Dhâranâ : Concentration sur un sujet spécifique, 
Dhyâna : Concentration sans distractions sur un sujet spécifique. 
Samâdhi : Fusion complète avec le sujet de concentration, 

1 .Les 5 Yama : comportements à observer envers les autres, en pensées, en parole et en action :
ne pas blesser ou nuire à un être vivant (animaux compris), ahimsa, 
rechercher la vérité sous toutes ses formes, ou sathya, 
l'honnêteté, ne pas s'approprier ce qui ne nous appartient pas, ou asteya, 
la fidélité, la modération, ou brahmacharya, 
l'absence de possessivité, de convoitise ou aparigraha. 

2 .Les 5 Niyama : comportements envers soi-même :
la pureté, la propreté ou shaucha, 
le contentement, apprécier ce que l'on a, ou samtosha, 
l'effort soutenu, ou tapas, 
l'étude des textes sacrés, ou svadhyaya, 
l'abandon de l'ego à la volonté Divine, ou ishvarapranidhana, "Que ta volonté soit faite !" "Ainsi soit-il !". 

3 .Asana : les postures, 

4 .Prânâyâma : les exercices de respiration, 
En règle générale, le Prânâyâma est défini comme une prolongation d’inspiration et d’expiration. 
Or, dans la pensée indienne, d’où vient le concept de Prânâyâma, le mot Prânâyâma a un sens plus profond qui va au-delà d’un simple mouvement respiratoire : 
“Ton âme qui va au monde de l’au-delà, O mortel, je l’attelle par Prâna avec deux porteurs : Prâna et Apâna. Maîtrise les par Prânâyâma, prends refuge en Dieu et tu seras uni à Lui, pour ne jamais revenir.”  
Atharvana Veda 18.2.56" Article de Sri T.K. sribhashyam 

5 .Pratyâhâra : le retrait des sens des expériences du monde, 

6 .Dhâranâ : Concentration sur un sujet spécifique, 

7 .Dhyâna : Concentration sans distractions sur un sujet spécifique. 

8 .Samâdhi : Fusion complète avec le sujet de concentration, il n'y a plus de dualité. 
"Quand la conscience est en relation avec cela même qui n'a pas de forme, c'est le samadhi (III.3). C'est l'état d'unité. La conscience a rejoint l'Absolu, alors que Dhyana est encore dans la dualité. " 
"L"accomplissement du Samadhi provient de l'abandon à Dieu" 


Yoga-sutra II-45 Traduction de I.K. Taimni

19 avr. 2020

Partage avec... Annick de Souzenelle

#AnnickdeSouzenelle #Partageavec

Partage avec... Annick de Souzenelle (Coronavirus, transformation et Dieu intérieurs, Amour...)


vidéo:

https://youtu.be/0W0NvmFBjGY


Pour information, ou pour rappel: Annick de SOUZENELLE
Après des études de mathématiques, Annick de Souzenelle a longtemps été infirmière anesthésiste, puis psychothérapeute.
D'abord catholique, elle se convertit en 1958 à la religion orthodoxe, et étudie la théologie, ainsi que l'hébreux.
Elle poursuit depuis une trentaine d'années un chemin spirituel d'essence judéo-chrétienne, ouvert aux autres traditions.
Elle est l'auteur de nombreux ouvrages de spiritualité. Sa recherche s'inspire de la spiritualité cabaliste.
Elle a créé fin 2016 une association nommée Arigah pour assurer la transmission de son travail, rassembler ceux qui cheminent avec son enseignement et assurer l'animation de l'Institut d'Anthropologie Spirituelle.

Liste des ouvrages d'Annick de SOUZENELLE

Le Symbolisme du Corps humain
L'Égypte intérieure ou les dix plaies de l'âme
La Lettre, chemin de vie : Le symbolisme des lettres hébraïques
La Parole au cœur du corps, entretiens avec Jean Mouttapa
Job sur le chemin de la Lumière
Le Féminin de l’Être - Pour en finir avec la côte d'Adam -
Œdipe intérieur - La présence du Verbe dans le mythe grec -
Manifeste pour une mutation intérieure
L'arc et la flèche - La lettre hébraïque SHIN -
L'Alliance oubliée - La Bible revisitée -
Résonances bibliques
Alliance de feu (2 tomes) - Une lecture chrétienne du texte hébreu de la Genèse -
Le Baiser de Dieu - Ou l'Alliance retrouvée -
Nous sommes coupés en deux - Intégrer son ombre -
Cheminer avec l'ange
L'Initiation - Ouvrir les portes de notre cité intérieure -
Va vers toi - La vocation divine de l'Homme -
Le Seigneur et le Satan - Au delà du Bien et du Mal -
Le Livre des guérisons - Les Évangiles en eaux profondes -

Vous pourrez consulter ses informations sur son site: 

23 sept. 2019

Le Berry Républicain fait sa couverture mercredi 18 septembre:
"Le yoga, qui retrouve du succès dans le Cher, « n’est pas une discipline de la performance »"


 Séance de yoga avec l'association Yoga Santé 18, à Bourges. Photos Pierrick Delobelle © Pierrick DELOBELLE

Formateur à l’école française de yoga de Paris, fondateur de l’École française de yoga de Bordeaux, trésorier de la Fédération nationale des enseignants de yoga, rédacteur en chef des Carnets de yoga… Jean-Pierre Laffez est un maillon important de l’histoire du yoga en France. À 80 ans, il pratique encore une heure chaque matin.
Assiste-t-on à une mode du yoga ?
Je ne crois pas que ce soit une mode. Le yoga était diffusé en France et en Europe avant la guerre de 14. Avant 1900, il existait déjà. Même du temps de Voltaire, au XVIIIe siècle, il y avait des traductions de textes en sanscrit où on parlait de yoga. Mais le Hatha yoga, le plus diffusé en Occident, celui où on travaille les postures, se développe dans l’Entre-deux-guerres.
Il existe différentes lignées de yoga. Roger Clerc, par exemple, a codifié le yoga de l’énergie pour s’adapter aux corps et aux besoins des Occidentaux.

Jean-Pierre Laffez, 80 ans, pionnier du yoga en France, formateur à l'Ecole française de yoga de Paris et de Bordeaux

Quelle est son histoire française ?
Au départ, les livres de quelqu’un comme Constant Kerneiz (1880-1960) contribuent à sa diffusion. Dans les années 1950, son élève Lucien Ferrer (1901-1964) ouvre l’Académie occidentale de yoga. Il rassemble autour de lui un groupe de 400 personnes, dont Roger Clerc (1908-1998). Parallèlement dans les années 1960-1965, en Belgique, il existe aussi un travail de transmission du yoga autour d’André Van Lysebeth (1919-2004).
En France, c’est Roger Clerc qui, avec d’autres personnes, va créer l’Union nationale de yoga (UNY), la Fédération nationale des enseignants de yoga (FNEY) et l’École française de yoga (EFY), qui deviendra celle de la rue Aubriot, à Paris. Avant les années 1970, le yoga était peu connu et peu pratiqué. Il s’agissait de quelques occidentaux formés par des maîtres indiens. La discipline commence à se diffuser grâce à des articles dans des journaux féminins. Dans les années 1970, le nombre de pratiquants augmente.
Le yoga est une discipline d'harmonie du corps et de l’esprit. Il est à la portée de tout le monde, parce que ce n’est pas une discipline de la performance.

"Le yoga est à la portée de tout le monde, c'est une discipline d'harmonie du corps et de l'esprit."
Jean-Pierre Laffez

Roger Clerc défendait l’idée d’un yoga occidentalisé. Pourquoi ?
Roger Clerc a en effet codifié le yoga de l’énergie, pour s’adapter aux corps et aux besoins des Occidentaux. L’idée est que chacun trouve la posture qui ne lui fera pas mal. On trouve des enchaînements qui permettent de bouger, tout en dopant la connexion neuromusculaire.
Le second point, c’est la respiration : assouplir le thorax, détendre le muscle du diaphragme, afin de mettre en place une respiration profonde. Dans le yoga, l’art de la respiration, c’est utiliser la respiration consciente pour aller vers un état de détente profond.
Le troisième point, c’est le mental. Le yoga développe la concentration, l’attention, pour arriver à la méditation qui est simplement un état de présence.

Il existe différentes lignées de yoga ?
Oui. Il y a le Hatha yoga, qui est, de façon schématique, une harmonie du corps, du souffle et une maîtrise de l’esprit. Le Karma yoga est un yoga de l’action. Le Jnana yoga est un yoga de la philosophie et du raisonnement. Le Bhakti yoga est plus proche de l’aspect religieux de la vie. Enfin, le Raja yoga est l’ensemble des quatre autres, où on va plus travailler le mental.

"Aujourd’hui, il y a une nécessité de yoga, en réponse à la dureté de la vie sociale"
Jean-Pierre Laffez

Comment expliquer le succès du yoga ?
Dans les années 70, les gens avaient envie de faire de la gym plus douce. Aujourd’hui, il y a une nécessité de yoga, en réponse à la dureté de la vie sociale. Il y a une demande de méditation, qui est depuis toujours enseignée par le yoga. Il élimine les effets du stress dans la vie de tous les jours. C’est une discipline noble, où on apprivoise la respiration.
Aujourd’hui, il y a même des cours de yoga donnés dans les entreprises. Est-ce que cela ne va pas servir à exploiter toujours plus les salariés, sur leur lieu de travail ? C’est une question.

"Le yoga développe une compassion et un certain amour des autres. Mais on n’est pas des saints !"
Jean-Pierre Laffez

Comment avez-vous rencontré le yoga ?
J’avais 17-18 ans, c’était en 1957-1958. Par hasard. J’habitais en province, au Mans. Je suis tombé sur un livre de Kerneiz. Lors de mon service militaire à Dakar, au Sénégal, j’ai rencontré un maître - si je peux employer ce mot - Babacar Khane, qui exerce toujours. Puis Roger Clerc a été mon formateur, mon instructeur. J’ai rencontré des tas de gens, comme le père Déchanet, un père bénédictin qui a travaillé pour faire accepter le yoga dans les milieux chrétiens.

Qu’est-ce que le yoga a changé pour vous ?
Je ne saurais pas dire. J’avais déjà dans l’idée de faire des études de kiné. Je pense que cela a transformé mon attitude avec les patients. Le yoga développe une compassion et un certain amour des autres. Mais on n’est pas des saints !
Le yoga a le vent en poupe dans le Cher
En France, 2 à 2,5 millions de personnes pratiquent le yoga. Un engouement qui se vérifie dans le Cher, où les élèves – une grande majorité de femmes – viennent soulager le stress et ses conséquences : douleurs cervicales, mal au dos… Sans recherche de performance.
« Après un creux dans les années 1980, le besoin de yoga est revenu, remarque Marie-France Levoux, 76 ans, professeur de yoga à Bourges depuis quarante-deux ans. Les gens viennent parce qu’ils ont mal au dos, mal partout ou parce qu’ils ont fait un burn-out. La cause première de tout cela, c’est le stress, mais ils ne s’en rendent pas compte. Le mot stress n’est jamais prononcé, juste ses conséquences. »

Propos recueillis par
Marie-Claire Raymond


3 févr. 2019

Toucher la Terre - Thich Nhat Hanh


La lampe de la pleine conscience est en nous, et nous pouvons décider de l’allumer à tout moment. Notre respiration, nos pas, notre sourire paisible en sont l’huile. Notre pratique consiste donc à allumer cette lampe pour que brille sa lumière et que se dissipent les ténèbres.
— Thich Nhat Hanh




Toucher la Terre est une pratique qui nous permet d’entrer en contact profond avec la Terre, avec nos racines, nos ancêtres. Nous réalisons que nous ne sommes pas seuls mais reliés à une multitude d’ancêtres génétiques et spirituels. Nous sommes leur continuation, et, avec eux, nous continuerons le chemin dans les générations futures. Nous touchons la Terre et une partie de la Vie.
Quand nous touchons la Terre, nous redevenons petits, avec l’humilité et la simplicité d’un enfant. Quand nous touchons la Terre, nous devenons grands comme un vieil arbre avec ses racines bien profondes dans le sol buvant à la source universelle. Quand nous touchons la Terre, nous inspirons toute la force et la stabilité de la Terre, et nous expirons toutes nos souffrances, notre chagrin, notre colère, notre haine, notre peur, toutes nos insuffisances…
Nous joignons nos paumes de mains pour former un bouton de lotus, puis nous respirons trois fois profondément, et nous nous prosternons lentement. Notre front, nos avant-bras et nos jambes reposent le plus confortablement possible sur le sol. Nous tournons les paumes de nos mains vers le ciel en signe d’ouverture aux trois joyaux: le Bouddha, le Dharma et la Sangha. Après avoir réalisé cette pratique deux ou trois fois (qu’il s’agisse des trois ou des cinq touchés de la Terre), vous pouvez vraiment vous libérer de beaucoup de souffrances, du sentiment d’aliénation et vous réconcilier avec vos ancêtres, vos parents ou vos amis


30 juin 2018

5 févr. 2016

Gérard Chinrei Pilet - Qu’est-ce qui bouge ?

"Etudier la Voie, c'est s'étudier soi-même
S'étudier soi-même, c'est s'oublier soi-même
S'oublier soi-même, c'est être en unité avec toutes les existences"
Maître Dôgen



Qu’est-ce qui bouge ?
" Une bannière claque au vent.

- Qu’est-ce qui bouge ? demande le maître.

- Le drapeau, répond un disciple.

- Non, dit le maître.

- Le vent, rétorque un autre ;

- Non plus. C’est votre esprit qui bouge, conclut le maître ."

Ce mondo, bien connu des pratiquants du Zen, contient de riches et précieux enseignements.

Le premier, c’est que, quels que soient les évènements qui se déroulent dans notre vie et l’environnement dans lequel ils se produisent, c’est toujours à travers les formes de conscience qu’ils suscitent en nous qu’ils sont vécus. Ce que d’ordinaire nous appelons le réel, ce ne sont jamais, comme on le croit, les évènements et circonstances en tant que tels mais les formes de conscience qu’ils provoquent en nous. Toute la réalité que nous considérons comme extérieure à nous se situe en fait à l’intérieur de nous-même sous forme de modifications de nos états de conscience. Personne ne peut prétendre appréhender la réalité en dehors de ce schéma-là.

Le second, c’est que les hommes se réclament de la réalité en oubliant le plus souvent qu’il s’agit de leur réalité, c’est-à-dire de la manière dont ils la voient à travers leurs désirs, leurs peurs, leurs attentes, leurs refus, leurs espoirs, leur optimisme, leur pessimisme, leur karma etc...N’ayant le plus souvent pas conscience de la présence en eux de ces multiples facteurs qui colorent leur vision du réel, ils croient en toute bonne foi qu’ils voient les choses telles qu’elles sont et sont enclins à vouloir l’imposer aux autres de multiples façons, parfois même par la force ou la violence. Si l’on veut s’approcher, ne serait-ce qu’un peu, d’une vision plus juste du réel, il faut tourner son regard vers l’intérieur afin de mettre en lumière les contenus subjectifs (émotionnels, idéologiques et autres) que nous projetons inconsciemment sur lui.

Ce que nous enseigne aussi ce mondo, c’est que ce ne sont jamais l’extérieur ou les autres qui sont responsables de nos colères, de nos agacements et de nos dépits mais nous-mêmes en ce sens que c’est toujours la présence en nous de tel ou tel contenu psychique qui fait que tel ou tel comportement ou parole d’autrui  nous bouge Ÿ, comme on dit dans le langage courant. Si ce contenu n’était pas présent, le même comportement d’autrui n’aurait pas induit une réaction de colère, de dépit ou de haine ni, éventuellement, provoqué tel ou tel choix ou décision. En témoigne le fait qu’un même comportement d’autrui laisse de marbre telle personne et fait sortir telle autre de ses gonds. Les contenus psychiques à l’origine de telle ou telle réaction face à tel ou tel comportement d’autrui n’étant pas toujours conscientisés, plus grande encore est la nécessité de tourner son regard vers l’intérieur pour les mettre en lumière. Notre sérénité en dépend ainsi que la justesse de notre adaptation à la réalité.

J’aime beaucoup cette réponse du Dalaï-lama au journaliste qui lui demandait pourquoi, en dépit de tout ce qu’ils ont commis au Tibet, il n’éprouve ni haine ni colère envers les communistes chinois : " ils nous ont tout pris, je ne vais pas en plus les laisser prendre la paix de mon esprit ".

Si les évènements de notre vie ne nous appartiennent guère ni non plus les rencontres que nous y faisons, être emporté par eux ou demeurer stable intérieurement nous appartient entièrement.

Gérard Chinrei Pilet (Février 2016) 

26 déc. 2015

BONNE ANNEE 2016



> Elève de l'école de Shéchèn, en tenue de fête (Tibet oriental, 2010)

Pensée de la semaine
De même que les papillons de nuit sont attirés par la flamme de la bougie dans laquelle ils vont mourir, l'homme est attiré par la mélodie de l'éloge, l'arôme du tabac, le goût de la viande, la douceur du contact féminin ou la caresse de la soie, mais, induit en erreur par cet attachement, il ôte la vie à sa propre voie de liberté.
C'est ainsi que le cerf, attiré par la musique du luth à trois cordes, tombe sous les flèches empoisonnées ; que l'abeille, séduite par le parfum de la fleur carnivore, en devient prisonnière ; que le poisson, attiré par le goût de l'appât, se fait prendre à l'hameçon ; et que l'éléphant, attiré par le contact de sa femelle, se noie dans la vase. 
C'est ainsi que nous sommes leurrés par chaque objet de désir et que nous devenons dépendant de lui.

Le Trésor de précieuses qualités (yon tan rin po che'i mdzod), de Jigmé Lingpa, commenté par Kangyour Rinpoché, Longchen Yéshé Dorjé, Editions Padmakara, 2010, p. 51
JIGME LINGPA (1729-1798), Commentary by Kangyur Rinpoche

6 avr. 2014

7 févr. 2013

Kōdō Sawaki - OÙ EXACTEMENT VEUX-TU ALLER

OÙ EXACTEMENT VEUX-TU ALLER ?
La religion, c’est vivre sa propre vie, toujours fraîche et neuve, sans se laisser abuser par personne.
Eh! Qui cherches-tu des yeux? Ne vois-tu pas que c’est de toi qu’il s’agit?
*
Quand le printemps arrive, tu laisses le printemps te tourner la tête. Quand l’automne arrive, tu laisses l’automne te tourner la tête. Tout le monde compte sur quelque chose pour lui tourner la tête. Il y en a même dont c’est le métier de tourner les têtes: ils produisent de la publicité.
Les gens aiment la confusion émotionnelle. Regarde les affiches de film au fronton des cinémas: les visages n’expriment rien d’autre que la confusion émotionnelle. Suivre le Dharma du Bouddha veut dire ne pas se mettre à la merci de la confusion émotionnelle. Dans le monde, on fait des tas d’histoires pour rien du tout. C’est le lot des gens ordinaires: ils ne savent pas voir les choses autrement qu’avec les yeux de l’imbécillité collective.
Nous vivons dans l’imbécillité de groupe et prenons cette aberration pour l’expérience véritable. Il est essentiel que tu deviennes transparent à tes propres yeux et te réveilles de cette folie. Zazen veut dire prendre congé du groupe et marcher sur ses deux pieds.
Pris un par un, les gens restent supportables, mais dès qu’ils forment des cliques, ils deviennent imbéciles. Ils sombrent dans l’imbécillité de groupe. Ils sont même si déterminés à devenir stupides en tant que groupes qu’ils fondent des clubs à cette fin et payent des cotisations pour en être membres. Zazen veut dire prendre congé de l’imbécillité de groupe.