2 mai 2021

 Bonjour,

Je vous confirme les heures et lieux des cours dehors avec YOGAPAUSE dès lundi 3 mai :

Ménetou-Salon lundi 9h à 10h30 sur le parking de l'étang

la Borne-Point du jour mardi 8h à 9h30 sur mon terrain

la Borne-Point du jour jeudi 17h à 18h30 sur mon terrain

Les tarifs seraient de 9 € la séance et 40 € pour cinq séances. Je m'engage jusqu'à la fin juillet si possible.

Bien sur annulation en cas de forte pluies et marche silencieuse-méditative et enchainements debout en cas de fraicheur... Pensez à mettre une paire de chaussures de marche dans votre véhicule en plus de votre tapis et du plaid pour le protéger du sol.

Merci de vos retours, et à très bientôt sur l'herbe pour partager le yoga avec vous.

Yoguiquement.

16 mars 2021

Jean Yves Leloup, Mars 2021

« J’ai entrevu quelquefois un état de l’âme supérieur à la vie, pour qui la gloire ne serait rien, et le bonheur même, inutile » (Flaubert) 

 Nous sommes nés pour vivre dans un tel état, fragment d’une réalité partout présente, mais qui pourtant nous échappe. Est-ce par manque d’attention ? 
Ce n’est pas la lumière qui nous manque mais les yeux pour la voir. 
Ce n’est pas l’Être qui nous manque mais l’attention à ce qui est. 
 Peut-on dire la même chose de l’amour ? 
L’amour est partout et toujours là, mais l’attention, l’écoute, l’accueil n’y sont pas partout et toujours. Heureusement, il y a des événements, des rencontres, où après les avoir vécus on ne parle plus la même langue. 
On ne parle plus en prose ou en colère, mais en poésie et en douceur, celle-ci cesse de nous être une langue étrangère. 
Toi, mon unique, l’Un. Je demandais partout un signe de Toi. 
Je ne savais pas que partout était Toi. Je voulais voir ton visage. 
Je ne savais pas que tu étais tous les visages, et l’unique regard, la grande nuit ou la pure lumière qui trouait les yeux de chacun de ces visages. 

 « Je ne savais pas que tout le visible et tout l’invisible c’était toi. Dans les corps, dans les âmes et les esprits c’est Toi, toujours. Dans ce monde je demandais un signe de Toi. Ensuite, j’ai appris que ce monde entier était Toi » (Rûmî). 

 - Jean Yves Leloup, Mars 2021

2 mars 2021

Jean-Yves LELOUP Avant la nuit…

Avant la nuit… 

« La nuit nous fait connaître l’unité : elle rassemble et confond les êtres que le jour délimite et sépare. 
 La lumière comme un soupçon de jalousie, s’insinue à travers les choses et nous les fait croire étrangères l’une à l’autre. 
 Mais lorsque la nuit est tombée, elles ne sont plus qu’une, comme des passagers sur une barque en péril » (Jean Grenier) 

 Faut-il attendre la nuit et que la barque s’effondre, pour découvrir notre unité, la plus haute, la plus heureuse, qui n’est pas celle de nos cendres, mais de la sève qui respire dans toutes nos branches ? 

 Et encore, à quoi bon toutes ces guerres et ces maladies, si elles ne nous révèlent pas le miracle d’être vivant et d’être ensemble ? La grâce d’être ? 
 Qu’est-ce que la vérité, si ce n’est une dualité surmontée et qu’est-ce que l’amour, si ce n’est la haine et la peur surmontées ? 
 Se tenir la tête hors de l’eau et le cœur légèrement au dessus de soi-même ? 

 - Jean Yves Leloup, Février 2021 

Vous souhaitez découvrir ou revisiter les graines de conscience proposées par Jean-Yves Leloup pour nous aider à traverser la période actuelle ? Nouveau parcours : Du chaos au cosmos, Les 12 pierres de l'Apocalypse, fondements d'un monde nouveau Anamnèse essentielle : une révolution intérieure Célébrer la Vie : En chemin avec Jean-Yves Leloup La conscience exercée ou méditer : un art de vivre et d'aimer par temps de catastrophes Les Odyssées de la Conscience 26 Avenue Gérard Montus Carry-le-Rouet 13620

25 févr. 2021

Marc Froideval : Méditation et hatha yoga

 Marc Froideval : Méditation et hatha yoga


22 Jan 2011

(Revue Être Libre. No 295. Avril-Juin 1983)

« Je fais de la méditation », « j’ai médité », « j’aimerais méditer »… Petites phrases mille fois entendues. Faut-il s’en moquer ? Sont-elles critiquables dans la bouche des uns ou des autres, alors que des systèmes bien organisés, dits de « méditation », semblent vouloir les revendiquer très clairement ? Mais ne s’agit-il pas là d’un moyen habile pour faire se lever quelques questions fondamentales telles que celles-ci : La méditation est-elle une action ? S’inscrit-elle dans le temps ? Peut-elle être provoquée, voulue, désirée ?

Et qui est ce « Je » qui prétend méditer, qui voudrait se projeter dans la méditation et qui arrive à la situer dans son petit catalogue des évènements spatio-temporels auxquels il a conscience de participer ?

« Je », c’est certain, se sent limité, contraint, menacé. « Je » est né. « Il » va mourir. « Je » frissonne, « Il a peur », « se » sent angoissé. Et pourtant, tout au-dessus de cette mêlée, de ce bourbier, il semble exister des zones du mental moins comprimées, plus libres, plus spacieuses, moins soumises que d’autres aux emprises de la vie matérielle, sociale et psycho-illogique. « Je » est capable de sourire, de chanter, de danser ! Mais cela ne dure pas. « Je » c’est certain est incertain. Ce qui est stable en lui, c’est l’instabilité. Alors, il se tourne vers ce qui pourra lui donner une certitude, une stabilité, une assise. La religion, puis la science, lui ont apporté cette stabilité. Mais aujourd’hui, science et religion sont bien mouvantes ou éprouvées. Alors des mots sont là, Yoga, méditation, Zen. Et « Je » se tient en face d’eux, dans l’expectative, que couvrent-ils ? Ils semblent vouloir répondre à ce vieux rêve humain : depuis qu’il est homme, l’homme n’a jamais accepté ses limites, les limites de son action, et surtout les limites de la pensée. Aucun homme au monde n’a pour but d’être demain plus inconscient qu’aujourd’hui.

Ouvrir, élargir sans cesse le champ de la conscience, telle semble être la destinée de l’être humain. Mais comment ?

En accumulant les expériences, en additionnant les lambeaux de connaissance : c’est là la voie matérialiste, le domaine de l’avoir.

Ou encore en ne faisant rien, en se contentant d’être, tout simplement, tout souplement : c’est là la voie méditative, voie directe, immédiate et sans acquis, la voie de la dénudation et du dénuement qu’exprime le mot sanscrit Dhyana et ses traductions chinoise (CH’AN et japonaise ZEN).

A la limite, Dhyana c’est « être », être soi, soi-même, c’est-à-dire dans un état d’identification totale avec ce que l’on est, profondément, intrinsèquement, fondamentalement. Fondamental, fond-amental…

Mais n’y a-t-il vraiment rien à faire pour atteindre cet état de non-faire qui, soi-disant, ne peut être atteint puisqu’il est toujours au cœur de nous-mêmes ? Et n’est-ce pas frustrant pour nous, Bébé-Yogis, si pleins de bonne volonté, sinon d’ambition, et tout entourés de piles de livres nous expliquant comment faire pour ne rien faire, de s’entendre dire que tout cela est inutile ? Inutile vraiment, les 6 membres de l’Ashtanga-Yoga de Patanjali, Yama, Niyama, Asana, Pranayama, prathyara, Dharana, qui précèdent les 7ème et 8ème, Dhyana et Samadhi ? Inutile toutes ces postures à quoi se résument souvent pour l’occidental ce que les Indiens appellent Hatha-Yoga ?

Certains Yogis, (et qui ne sont plus des bébés); pratiquent des postures diverses, très nombreuses ou peu nombreuses, d’autres, une seule posture, la posture popularisée par le Bouddha et que le Zen japonais a adoptée en la codifiant très précisément, d’autres encore, aucune posture physique, mais plutôt une attitude mentale comme dans le C’han, comme Krishnamurti (encore que Krishnamurti pratique certaines postures pour des raisons hygiéniques et thérapeutiques) et comme les pratiquants du Jnana-Yoga indien. Mais où est la différence ? Chacun ne se lève-t-il pas, ne s’endort-il pas ? Et pourquoi personnellement pratiqué-je des postures ?

Parce que mon corps a pris l’habitude de toujours faire les mêmes gestes. Mon corps a oublié tous les angles sous lesquels il peut bouger. Mon corps a oublié ses multiples possibilités. Elargir et varier les Champs d’action du corps. Elever le corps à son propre niveau, sans plus. Actualiser simplement ce qui, jusqu’alors n’était encore que potentiel. Simplement vivre en triangle, vivre en équilibre sur la tête, vivre en torsion intense, vivre en étirement intense ou en assise paisible. Tout cela fait partie du possible. Tout cela est égal. Tout cela n’a pas plus de valeur, ni moins de valeur que n’importe quel geste de la vie quotidienne, que la respiration du moment, qui est la seule qui compte puisqu’elle est l’indispensable maillon dont les autres ne sauraient se passer. Et c’est d’ailleurs pour cela que la prise de conscience de la respiration joue un si grand rôle dans nos activités.

Alors donc, dans les postures, à l’écoute du souffle profond, immédiat du réseau serré des habitudes, du corset imaginaire dans lequel il est engoncé. « Mon » corps n’est pas, n’est plus, ce que je croyais qu’il était. « Mes » idées sur le corps, « Mon » idée du corps, tombant, l’une après l’autre. Alors, les autres plans du mental (car ce que nous appelons le corps n’est peut-être après tout, qu’un des plans du mental), peuvent se laisser toucher par le pré-sentiment d’une mutation possible et soudaine qui est méditation : de l’infiniment proche, de l’infiniment intime jaillit l’état méditatif, l’état d’Etre. Joyeux instant, éternel instant, toujours renouvelable. L’Ego a disparu ! Ne pleurons pas l’égo. Tout commence à l’instant même.